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Skoda Kodiaq hybride : sur la route, il consomme plus que le diesel du même SUV

Skoda Kodiaq hybride : sur la route, il consomme plus que le diesel du même SUV

Photo : Alexander Migl, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Sur le papier déjà, l'hybride Kodiaq consomme plus que le diesel. Sur la route, l'écart s'aggrave nettement, confirment nos données mesurées.

Chez Skoda, le diesel recule et l'hybride progresse sur le Kodiaq, le grand SUV familial de la marque. Nos données embarquées confirment pourtant que cet hybride consomme déjà plus que le diesel qu'il remplace, sur le papier comme sur la route, un écart qui s'aggrave nettement une fois sur la route, un paradoxe partagé par d'autres grands SUV familiaux hybrides du marché.

Le diesel recule, l'hybride et le rechargeable progressent

Avec 4 447 immatriculations en 2024, le Kodiaq pèse 8,2 % des 53 982 Skoda vendues en France. Sa répartition énergétique bouge vite : les ventes de l'hybride simple ont grimpé de 56 % en un an, celles du rechargeable ont quasiment triplé (190 %), tandis que le diesel recule de 33 %. L'hybride est désormais la motorisation la plus vendue du modèle, avec 40,0 % des Kodiaq écoulés.

6,1 litres annoncés, 8,65 mesurés : plus que le diesel

Sur le papier déjà, l'hybride ne fait pas mieux que le diesel : 6,1 L/100 km annoncés, contre 5,6 L/100 km pour le diesel, soit 0,5 L de plus dès l'homologation. Les données embarquées OBFCM, relevées sur 15 574 véhicules hybrides et 37 805 diesels, montrent que l'écart ne se résorbe pas sur la route, il s'aggrave : 8,65 L/100 km mesurés pour l'hybride, contre 7,14 L/100 km pour le diesel, avec un écart annoncé/réel de 41,8 %, contre 27,5 % pour le diesel. Sur la route, l'hybride consomme donc nettement plus que la motorisation qu'il remplace progressivement dans les ventes, un désavantage déjà présent sur la fiche technique et fortement accentué par la mesure réelle. La version essence, marginale (108 immatriculations), partage le même échantillon de mesure que l'hybride et n'a pas pu être isolée.

Le budget penche aussi du côté du diesel

Sur 12 000 km par an, la fiche technique donnait déjà un léger avantage au diesel, 43 euros de moins par an que l'hybride. Au tarif actuel du carburant, la route accentue nettement cet écart : l'hybride coûte en réalité 284 euros de plus par an que le diesel qu'il remplace. Un acheteur qui choisirait l'hybride en pensant faire des économies de carburant, sur la seule foi de la fiche technique, sous-estimerait largement l'écart réel.

Skoda Kodiaq
Le Kodiaq, dont l'hybride simple est désormais la motorisation la plus vendue, devant le diesel. Photo : Vauxford, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons.

Un symptôme partagé par les grands SUV familiaux hybrides

Le Kodiaq n'est pas un cas isolé. Parmi les grands SUV et monospaces familiaux hybrides simples les plus vendus, l'écart annoncé/réel dépasse 35 %, loin au-dessus de la médiane marché des hybrides simples mesurés (21,7 %, calculée sur 45 modèles) :

SUV/monospace familial hybride simpleÉcart annoncé/réelImmatriculations 2024
Skoda Kodiaq+41,8 %1 779
Peugeot 5008+41,1 %14 037
Renault Espace+39,6 %8 743

Le Peugeot 5008, déjà pointé du doigt dans notre analyse de la gamme Peugeot, et le Renault Espace affichent des écarts tout aussi marqués. Le point commun de ces trois modèles : un gabarit et une masse nettement supérieurs à la moyenne des hybrides du marché, ce qui pèse sur la consommation réelle plus que ne le capte le cycle d'homologation, comme nous le détaillions dans notre article sur le poids des voitures.

Sur l'empreinte totale, l'hybride garde malgré tout l'avantage

Malgré une consommation réelle supérieure, l'hybride reste légèrement moins émetteur que le diesel sur l'ensemble du cycle de vie : 46,79 tonnes de CO2 contre 48,86 tonnes, soit 2,07 tonne de moins. La raison n'est pas la consommation, plus élevée pour l'hybride, mais la nature du carburant : chaque litre de gazole brûlé émet davantage de CO2 qu'un litre d'essence, un écart qui compense largement les litres supplémentaires consommés par l'hybride. Sur notre indice de sobriété, elle obtient 25/100, note jugée « peu sobre ». Avec 139 g de CO2 WLTP, bien au-dessus du seuil de 108 g/km qui déclenche le malus écologique depuis cette année, l'hybride n'y échappe pas plus que le diesel, déjà taxé.

Et le rechargeable ?

La troisième motorisation du Kodiaq, le rechargeable, progresse plus vite que les deux autres (190 % en un an) mais reste trop rare (1 627 immatriculations) pour qu'une mesure embarquée fiable existe. Sa fiche annonce seulement 12 g de CO2 WLTP, un chiffre à prendre avec la même prudence que pour tous les rechargeables, dont l'écart réel atteint 3 à 6 fois l'homologué selon notre analyse des hybrides rechargeables.

Comparez les quatre motorisations du Kodiaq sur le comparatif des versions, via le comparateur, ou parcourez la gamme Skoda et nos classements. Si vous roulez déjà en Kodiaq diesel, l'outil Garder ou remplacer ? chiffre s'il vaut mieux la garder que basculer vers l'hybride.

Sources et méthode

Toutes les valeurs propres à ce site sont calculées à partir de notre base, reconstruite deux fois par mois ; méthode et limites détaillées sur la page Méthodologie & à propos.

Modèles concernés

Comparer deux modèlesL'Indice de sobriété

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